Souffrance au travail, sentiment d’injustice, démotivation, surcharge de travail affectant l’équilibre vie privée – vie professionnelle, fatigue et stress, absence de communication sur les changements organisationnels…. Un cabinet d’experts mandaté par le CSE vient de rendre un rapport d’audit accablant sur les risques psychosociaux à l’Agence. Le tout alors que la direction entend mettre en œuvre en 2026 un nouveau plan d’économies d’au moins 7 millions d’euros et à nouveau supprimer des postes.
Selon ce rapport, qui n’a encore reçu que peu d’échos en externe, 43% des salariés ayant répondu dans le cadre de l’audit estiment que leurs conditions de travail se sont dégradées au cours des 12 derniers mois en raison, principalement, de l’augmentation de la charge de travail. Pour 48% des salariés, celle-ci est imputable aux sous effectifs des équipes. 43% des journalistes disent ainsi travailler sur leur temps de repos et 45% de ceux en décompte horaire ne pas avoir assez de temps pour effectuer leur charge de travail. Il en résulte fatigue (pour 64%), démotivation (35%), sentiment de travailler sous pression (39%) et dans l’urgence (51%).
Pour les experts, ce risque n’est pourtant pas suffisamment évalué par la direction et 41% des interrogés considèrent que le management ne régule pas leur charge de travail. Le rapport pointe aussi que les trois documents obligatoires permettant d’évaluer les risque sociaux-professionnels (santé, sécurité et conditions de travail) et de mettre en place une politique de prévention n’ont pas tous été fournis aux experts, d’autant qu’un d’entre eux est même inexistant ! « Des situations à risque – burn-out, épuisement professionnel -peuvent survenir », souligne le rapport. C’est d’ailleurs déjà le cas puisque 40 signalements de souffrance au travail ont été déposées à l’Inspection du Travail en 2025.
L’autre grief fait à la direction est son manque de communication sur les changements organisationnels qui ont marqués l’activité de l’AFP, carence relevée par 53% des salariés. Cela ne peut que renforcer le sentiment d’insécurité des salariés, alors que la direction entend ne pas remplacer 24 des 34 postes laissés vacants suite au plan de départs en retraite volontaire et en geler 13 autres. La direction veut aussi ne plus accorder le statut d’expatriés à plus de 180 journalistes en poste à l’étranger (sur 270) en les faisant passer sous un statut local. Autant de projets, combattus par FO à l’AFP, qui risquent d’affaiblir l’agence dans l’accomplissement de sa mission d’information mais aussi de dégrader encore les conditions de travail.
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