Humour IA Presse

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : Quand l’Alliance travaille à bas bruit à sa généralisation

Publié par

L’Alliance de la presse d’information générale qui regroupe les éditeurs de la presse quotidienne nationale, régionale et départementale, ainsi que ceux de la presse hebdomadaire régionale, serait-elle en train de préparer à bas bruit, et sans en négocier au préalable les conditions, l’introduction massive de l’IA générative dans les rédactions ? 

Comment Interpréter autrement « l’offre » adressée à toutes les rédactions des titres de l’Alliance proposant de suivre, à partir du 24 mars, des formations à distance sur l’IA générative appliquée au journalisme. Ce programme, animé par Google et dont « le contenu est confidentiel et réservé aux rédactions partenaires », est découpé en six sessions de 2 heures.

Au programme : une introduction à l’IA générative pour les actualités, le storytelling avec l’IA pour les rédactions et le multimédia, les besoins de l’audience et la performance du contenu grâce aux nouveaux formats, la recherche approfondie et l’analyse de documents. Rassurez-vous, il y sera aussi questions de préserver l’intégrité de l’information à l’ère de l’IA et de la traçabilité des contenus mais aussi de construire une rédaction résiliente. Ouf !

Certains titres de la PQR n’ont d’ailleurs pas attendu ces « formations » pour mettre en place des tests sur un paquet d’outils (légende photo, titres, chapos, inter, extraction de citations, bâtonnage de dépêches AFP…). Bien sûr, tout cela ne s’adresse actuellement qu’aux journalistes « volontaires ». Mais très rares sont les titres où les éditeurs ont pris la peine de dévoiler leur véritable stratégie en la matière ou de consulter préalablement les CSE sur ses conséquences. C’est pourtant ce que la justice leur a enjoint de faire à deux reprises.

 Saisi par le CSE central de France-Télévisions, le tribunal judiciaire de Paris a rendu le 25 septembre dernier une ordonnance de référé très claire. Il a jugé que l’introduction par FTV d’une technologie nouvelle (IA générative), avec des impacts potentiels sur l’organisation du travail (autonomisation, création d’assistants, nécessité de formations), aurait dû faire l’objet d’une consultation du CSE, préalable à son déploiement. Il a suspendu sa mise en place dans l’attente de cette consultation.

Deux mois plus tôt, deux filiales du plus grand groupe français de presse professionnelle, Infopro Digital, avaient été condamnées par le tribunal judiciaire de Créteil, et pour les mêmes raisons, à « suspendre l’utilisation des outils informatiques d’intelligence artificielle jusqu’à l’achèvement d’un processus d’information-consultation des CSE

La jurisprudence est nette. Le SGJ-FO revendique qu’elle s’applique dans tous les titres, y compris ceux de l’Alliance !


En savoir plus sur Journalistes FO

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.