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PRESSE HEBDOMADAIRE REGIONALE : Un accord salarial de dupes ?

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Des patrons qui reprennent d’une main ce qu’ils ont fait semblant de concéder de l’autre. Rien de bien nouveau dira-t-on. Nous en avons une nouvelle illustration dans la Presse hebdomadaire régionale (PHR) à la suite du récent accord sur les classifications des journalistes, entré en vigueur le 1er février.

Dans cette forme de presse marquée par des salaires minimum parmi les plus bas, notamment en début de carrière, cet accord était censé permettre une revalorisation « substantielle » des minima salariaux, remédier au tassement très fort de la grille salariale grâce à un nouveau barème permettant des évolutions de carrière et à une nouvelle grille de qualifications prenant en compte l’évolution technologiques des tâches.

Sur le papier, très bien. Mais dans la réalité, la musique n’est pas la même. En échange de leurs « largesses », les employeurs ont conditionné l’accord à la suppression du salaire minimum professionnel garanti (SMPG) qui constituait un véritable filet de sécurité salariale dans cette forme de presse puisqu’aucun journaliste ne pouvait être payé en dessous d’un SMIC augmenté de 5%.

Avec une nouvelle grille débutant à 1950 euros brut, soit 36 euros au-dessus de l’ancien SMPG, le risque est grand de voir de nouveau le bas de grille rattrapé par l’évolution du SMIC liée à l’inflation. C’est la principale raison pour laquelle le SGJ-FO avait refusé de signer cet accord, contrairement aux autres syndicats. Mais depuis, il y a pire puisque de nombreux employeurs de PHR, prétextant les difficultés économiques du secteur, tentent aujourd’hui de « financer » l’accord en supprimant d’autres éléments de la rémunération comme la prime d’appareil photo ou des primes web !

Dans un titre, l’Abeille de la Ternoise, dirigé par le président de la Commission « sociale » de la PHR, la direction n’a pas hésité à rogner voire supprimer le versement de la prime d’ancienneté, au mépris de l’accord lui-même et de la convention collective. L’intervention du délégué syndical du SGJ-FO a permis qu’on en revienne à la légalité, mais la direction n’a pas renoncé à s’attaquer aux primes, ce que nous refusons. 


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