
Comme chaque année le SGJ-FO invite les confrères qui le souhaitent à refuser, avant le 31 décembre, l’abattement forfaitaire sur leurs cotisations à la Sécurité sociale pour l’année 2026. Les employeurs ont en principe l’obligation de consulter les journalistes, sur l’application de ce qu’on appelle « déduction forfaitaire spécifique » (DFS) qui peut avoir de lourdes conséquences sur le calcul de nos futures retraites.
o Qu’est-ce que l’abattement sur les cotisations de Sécurité sociale ?
Précisons que cet abattement n’a rien à voir avec l’abattement fiscal dont bénéficient par ailleurs les journalistes professionnels. Il constitue une des aides aux entreprises de presse. En appliquant l’abattement de 24%* sur les cotisations sociales de ses salariés, l’entreprise fait une
économie substantielle sur la masse salariale et elle y a donc intérêt.
Mais pour les salariés, il n’en va pas de même et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle la loi permet au journaliste de refuser l’abattement par l’employeur de ses cotisations à la Sécurité sociale. Celles-ci vont en effet déterminer le niveau de certains remboursements et prestations
mais surtout entrer en ligne de compte pour le calcul du montant de sa retraite future.
Aujourd’hui encore, cet abattement n’a pas d’incidence pour les journalistes les plus jeunes, puisque seules les 25 meilleures années de carrière entrent en compte pour le calcul de la retraite.
o Comment ça marche :
Le montant de la retraite de base, dite retraite sécu, est calculé par référence au plafond de la Sécurité sociale. Seule la partie du salaire inférieure à ce plafond est prise en compte pour le calcul de la pension. Donc, plus les cotisations portent sur un salaire inférieur à ce plafond plus la retraite sera réduite.
Le mécanisme de l’abattement forfaitaire n’a, pour le moment, pas d’incidence sur le montant des retraites complémentaires.
En 2026, le plafond de la sécurité sociale s’élèvera à 48 060 € bruts annuels (montant en hausse de 2% par rapport à 2025).
L’abattement forfaitaire sur les cotisations sociales est lui-même plafonné à 7 600 euros par an.
Pour déterminer le seuil de neutralité de l’abattement sur le calcul de la retraite de base, il faut donc ajouter ce plafond à celui de la Sécu. On aboutit alors à la somme de 55 660 euros bruts annuels, ce qui correspond à un salaire mensuel brut de 4 282 euros (55 660 : 13).
o Si vous gagnez moins de 4 282 euros bruts par mois…
Si le salarié gagne plus de 4 282 euros bruts par mois, l’abattement des cotisations n’aura donc pas d’incidence sur le montant de sa retraite future et se traduira par un salaire en hausse de quelques euros par mois.
Si le salarié gagne moins de 4 282 euros bruts par mois (ce qui est le cas pour la majorité de la profession), l’abattement des cotisations sociales se traduira par une diminution importante du montant de sa retraite de base.
S’il refuse l’abattement, il verra en revanche son salaire net diminuer de quelques dizaines d’euros par mois.
Le choix du salarié doit également tenir compte de la durée de cotisations, puisqu’aujourd’hui encore, la retraite est calculée sur la moyenne des 25 meilleures années. S’il a plus de 39 ans (pour un âge de départ à 64 ans) et qu’il touche moins de 4 282 euros par mois, il aura encore plus de raisons de refuser l’abattement.
Le SGJ-FO rappelle son attachement au salaire différé que constituent les cotisations sociales versées par les employeurs, salaire différé qui doit permettre aux salariés, selon le principe de la solidarité, de faire face aux aléas de la vie, de se soigner, d’avoir droit à une retraite digne de ce nom après une vie de travail. Ces cotisations sociales ne devraient en aucune façon servir de variable d’ajustement de la masse salariale au seul bénéfice des employeurs.
*La DFS doit diminuer progressivement, de 2% par an jusqu’en 2038. Voilà pourquoi elle est passée de 26% en 2025 à 24% pour l’année 2026.
En savoir plus sur Journalistes FO
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.