ELECTIONS A LA COMMISSION DE LA CARTE Notre statut, c’est notre liberté : défendons-le

12/05/2015

Elections

Le premier tour des élections à la Commission de la carte s’est achevé aujourd’hui avec seulement 35 % de participation. Il faudra donc un second tour. Vous aurez jusqu’au 11 juin pour voter.

cion carte_230LA COMMISSION A BESOIN D’ÊTRE REPRÉSENTATIVE
Pour les 80 ans de la carte de presse, et après les attaques criminelles contre la liberté de la presse dans les locaux de Charlie Hebdo, il était important de montrer l’attachement de notre profession à son statut, en votant massivement lors de ces élections, pour le renouvellement des membres chargés de l’attribution de nos cartes de presse.
Il était essentiel en effet de dépasser les 34% de participation de 2012. Lors de ce premier tour, entre le 24 avril et le 12 mai, les quelque 35% de participation ne se révèlent pas suffisants pour s’épargner un second tour…
Vous voilà donc sollicités à nouveau pour vous exprimer dans ce scrutin. Et il est indispensable que, cette fois ci, vous soyez plus nombreux à voter ! Faute de quoi nous allons donner l’image d’une profession qui ne soutient pas ses propres institutions. Et en cette période où il devient tentant pour nos dirigeants de faire tomber certains fondamentaux et acquis, il est dangereux de ne pas défendre notre statut incarné par la carte de presse.

LA CARTE DE PRESSE : PLUS UTILE QUE D’AUCUNS LE PENSENT
On entend parfois que la carte est davantage le problème de ceux d’entre nous qui ne l’ont pas encore obtenue. Il est exact que, dans certaines grandes rédactions, les personnels titulaires n’en voient plus forcément beaucoup l’utilité. Ils n’ont guère l’occasion d’en avoir besoin, et évoluent en général avec d’autres outils. Pourtant, la réalité n’est pas aussi simple. Plus précisément, cette impression est juste fausse. Tous les grands supports sont susceptibles de rencontrer des difficultés : le statut du journaliste professionnel prendrait alors davantage d’importance.

Regardez la crise que Radio France vient de traverser… Regardez l’incertitude que traverse France Télévisions par rapport à son avenir… Regardez la situation vécue à l’AFP avec la volonté du gouvernement de remettre en cause le statut d’indépendance, afin de justifier un désengagement financier. Regardez ce qu’il se passe dans de nombreux titres de presse écrite avec toutes les restructurations actuelles et à venir qui font que l’emploi n’est jamais garanti… Vous le comprendrez donc aisément, la commission, le statut du journaliste professionnel et la carte de presse sont une garantie contre les attaques que la profession peut subir et les aléas individuels qui en découlent.

PENSEZ AUSSI « SOLIDARITÉ »
N’oubliez pas que plus d’un quart d’entre nous ne sont pas titulaires d’un contrat à durée déterminée. CDD, pigistes et autres confrères ayant perdu leur emploi, apprécient particulièrement le fait de détenir leur carte. Elle leur est absolument indispensable pour évoluer dans un monde beaucoup moins facile pour eux que pour les autres. Ne serait-ce que par solidarité avec nos confrères en précarité, soyez nombreux à voter. Montrez que la profession est soudée pour défendre ce qui la caractérise.

Alors que le nombre de cartes délivrées est en baisse depuis 2010, illustrant la dégradation de la situation de la presse, FO réaffirme la nécessité de défendre et renforcer une prérogative essentielle : attribuer les cartes à tous ceux dont le journalisme est l’activité « principale, régulière et rétribuée » en dehors de tout autre critère. En n’oubliant pas que de nombreux confrères, notamment les plus jeunes, ont de plus en plus de difficultés pour satisfaire les exigences… et se retrouvent dans l’obligation d’avoir recours à des activités annexes. Pour pouvoir vivre, tout simplement.

AIDEZ FO À DÉFENDRE NOS VALEURS, AU SEIN D’UNE COMMISSION PLURALISTE
Comment accepter que certains employeurs soient de plus en plus nombreux à ne pas reconnaître à leurs salariés le statut de journaliste, pour ne pas leur appliquer les dispositions de la convention collective, en matière de salaire, d’ancienneté et de congés ?
Comment accepter que de grands médias audiovisuels comme Radio France continuent d’abuser du statut d’intermittent (qui fragilise nos protections juridique et sociale et qui place leurs collaborateurs à la charge des « congés spectacles » quand ils n’ont plus besoin d’eux) ? Que des journaux ayant pignon sur rue payent toujours leurs pigistes en honoraires ?
La commission est donc un outil essentiel pour mener une mission contre la précarisation grandissante et la dérèglementation imposées aux journalistes. Pour cela, elle doit être la plus représentative et la plus pluraliste possible, pour refléter la réalité de notre profession. C’est tout le sens de notre action dans ces élections.

LA LIBERTÉ DE LA PRESSE DE PLUS EN PLUS MENACÉE
Jamais depuis les odieux attentats de janvier, qui ont notamment décimé la rédaction de « Charlie Hebdo », n’aura-t-on autant évoqué et célébré la liberté de la presse. On peut se féliciter que des millions de citoyens aient, dans les jours qui ont suivi, exprimé leur attachement à ce principe essentiel.
Mais la presse est devenue aussi le terrain de jeu de groupes financiers dont le seul objectif est le profit, et qui se comportent parfois en véritables fossoyeurs. Avec les conséquences que nous connaissons : disparitions de titres, fermetures de rédactions locales, réductions d’effectifs drastiques… Sans oublier la priorité croissante donnée au web, qui, bien souvent, se traduit par un appauvrissement voire une disparition des éditions papier.
Le contexte légal n’aide pas non plus : entre le projet de loi enterré sur la protection des sources et le volet de la loi Macron, lui aussi retiré, limitant le droit à l’information au nom de la protection du secret des affaires, il y a de quoi faire ! D’autant que le sujet pourrait revenir bientôt via une directive européenne. Les nouvelles dispositions du projet de loi sur le renseignement sont dans le même esprit. Non, décidément, l’état de santé de la liberté de la presse n’est pas au mieux.
Force Ouvrière souhaite pouvoir apporter ses compétences et sa détermination dans cette défense au quotidien de notre statut. Elle a besoin de vous pour y parvenir.

AVANT LE 11 JUIN, VOTEZ POUR LA LISTE DES JOURNALISTES FORCE OUVRIÈRE

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