France Ô : le soutien des élus d’Outre-mer

Une 1ère victoire pour les salariés de France Ô et pour les téléspectateurs. Un pied de nez au gouvernement et à la direction de FTV. La délégation des Outre-mer de l’Assemblée nationale vient d’adopter une motion pour le maintien de France Ô sur la TNT.

Lors de sa présentation des orientations de la future réforme de l’audiovisuel, Françoise Nyssen, la ministre de la Culture avait déclaré : « il faudra interroger nos concitoyens d’outre-mer et leurs élus pour déterminer si l’avenir est au maintien de France Ô sur le canal hertzien ou au contraire au renforcement des offres numériques des Outre-Mer Premières. »

Il s’agissait ainsi clairement pour le pouvoir de se défausser sur les élus, du sale boulot de la destruction de France Ô par sa disparition de la TNT nationale, pour de sordides raisons d’économie. En échange, la maigre carotte des offres numériques des chaînes premières locales. Les députés ne sont pas tombés dans le piège.

Cette motion des élus est le résultat de la mobilisation massive des salariés de la chaîne. Une mobilisation qui a conduit à la création d’un collectif et d’une intersyndicale (CFDT-FO-UNSA-SNJ-CGC-CGT).  Ces deux structures ont été reçues par les députés membres de la délégation des Outre-mer, le 27 juin et ont exposé leurs arguments pour le maintien de la chaîne sur la TNT et la défense de leurs emplois. Les militants du SGJ-FO ont pris une part très active à cette mobilisation.

Lors de la rencontre avec les députés, tous les membres de l’intersyndicale et du collectif, ont développé les arguments pour le maintien et le développement de France Ô. La visibilité des Outre-mer dans l’Hexagone, l’information sur ces terres éloignées et leurs cultures sont une mission fondamentale du Service Public.

Le représentant du SGJ-FO, au sein de l’intersyndicale a notamment démonté devant les élus de la Nation l’argument fallacieux de la faible audience de France Ô. Comme l’indique un article de Médiapart, rapportée à son budget, l’audience de France Ô serait double de celle de l’ensemble de FTV.

Par ailleurs, le SGJ-FO a souligné (comme il avait tenu à ce que cela figure dans le tract de l’intersyndicale), que si l’audience est importante, elle ne doit pas être la 1ère préoccupation d’un Service Public. Celui-ci remplit des missions que ne peut assurer le privé qui, lui, ne vit que des budgets publicitaires, tributaires de l’audience.

Quel sort aurait-on réservé à France-Culture, France-Musique, ou à la nouvelle chaîne infos si l’on n’avait tenu compte que de l’audience.

Notre camarade a rappelé aux députés que renoncer à un canal sur la TNT nationale, visible par tous, gratuitement, conduirait à une perte irremplaçable pour leurs régions. Il a démontré que les solutions de remplacement par des fenêtres sur les autres media nationaux ne sont pas sérieuses.

En outre, si certains programmes imposés à France Ô n’ont rien à voir avec l’Outre-mer, cela a parfois résulté de décisions politiques, et peut de toutes façons être réformé. Mais il ne faut surtout pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Même si la motion obtenue des députés est une première victoire, la lutte est loin d’être gagnée. Le gouvernement et la direction de FTV ne renonceront pas si facilement que cela à la destruction de France Ô.

C’est clair, la mobilisation des salariés de France Ô sera encore et plus que jamais déterminante pour l’avenir de la chaîne, du Service Public, et de l’emploi à FTV. Le SGJ-FO y prendra toute sa part.

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