Barème de piges en PQR : c’est urgent, mais 50€ insuffisant !

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Deux réunions, et puis c’est déjà terminé. Le vendredi 20 décembre, les  représentants des employeurs de la presse quotidienne régionale (PQR) ont clos la  « négociation » sur la fixation d’un barème minimal de piges dans cette forme de  presse, qui en est toujours privée, bien que cette disposition soit prévue par la  convention collective (1976). 

Comble de cette « négo » bâclée, il n’y a pas eu de discussion possible sur le  montant proposé le 22 novembre, établi à 50€ le feuillet (1500 signes). Inférieur aux  barèmes de la presse magazine et de la presse spécialisée, ce montant serait le plus  faible de tous les barèmes existant dans la presse française, s’il était signé. 

Outre un rappel des obligations légales des employeurs vis-à-vis des journalistes  rémunérés à la pige, les contre-propositions plutôt raisonnables des organisations  syndicales (entre 55€ et 60€ le feuillet) ont été balayées d’un revers de main : le  mandat attribué aux négociateurs de l’APIG (Alliance de la presse d’information  générale) par les éditeurs n’a pas bougé d’un centime. 

En agissant ainsi, les employeurs de presse quotidienne régionale se moquent des  organisations syndicales et du dialogue social, et méprisent les journalistes  rémunérés à la pige. Il faut croire que le statu quo (pas de barème) leur convient  bien, permettant à certains d’entre eux de continuer à pratiquer des tarifs indécents – et même illégaux si on indexe ces montants sur la valeur du SMIC-, et à précariser la  profession. 

Les organisations syndicales dénoncent la déloyauté de cette « négociation »  sans marge de manœuvre et dans un calendrier aussi restreint. 

Environ 1200 journalistes rémunérés à la pige travaillent pour les quotidiens  régionaux et leurs sites d’information locale. 

Il est temps que les employeurs de presse régionale assument leurs responsabilités.  Ils ont attendu dix ans pour rouvrir cette négociation, ils doivent désormais rattraper  le retard pour harmoniser les pratiques dans leur forme de presse. Plus  généralement, les éditeurs de presse en France doivent cesser ce genre de  simulacre de négociation, illustré par une seule proposition sans aucune réponse  pour les contre-propositions des représentants des salariés. Le monologue social, ça  suffit ! 

Paris, le 27 décembre 2024


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