Pas touche à nos accords sociaux ! La mobilisation continue à l’AFP

05/10/2015

AFP

 

Le 16 juillet, en pleine période de congés, à la sauvette lors d’un comité d’entreprise où l’ensemble des syndicats avaient refusé de siéger et que les salariés étaient en grève depuis plusieurs jours, le PDG de l’AFP, Emmanuel Hoog, a dénoncé l’ensemble des accords sociaux signés dans l’entreprise depuis sa création. Au total 117 accords, qui gèrent tous les aspects de la vie des salariés : salaires, avancement, conditions d’embauche, temps de travail, congés, RTT, ancienneté… Même les accords concernant la couverture santé et la prévoyance !

Pourquoi un tel coup de force, une telle brutalité envers le personnel ? La raison est simple : ce PDG entend se conformer aux exigences de l’Europe et du gouvernement qui, dans leur offensive pour livrer l’Agence France Presse à la pure loi du marché, veulent diminuer drastiquement la masse salariale. Et pour cela, il leur faut s’attaquer à tous les acquis du personnel mais aussi à leurs organisations syndicales.

Voilà maintenant près de deux ans que le PDG a annoncé son intention de « négocier » avec les syndicats un « grand accord social » commun à toutes les catégories de personnel de l’agence – ouvriers, employés, techniciens, journalistes – et se substituant à tous les accords généraux ou catégoriels. Malgré tout le baratin sur la «nécessaire modernisation », « l’équité » ou la « sécurité juridique », il était clair dès le départ que ces « négociations » n’avaient pour but que de remettre en cause les acquis sociaux et notamment d’augmenter considérablement le temps de travail par la suppression d’un nombre important de jours de RTT et de vacances. Mais pour cela, M. Hoog voulait obtenir la collaboration des syndicats pour co-rédiger avec lui le nouveau « grand accord ».

Indépendance syndicale

Dès le départ, les représentants du SGJ-FO, comme ceux du SNPEP-FO ont refusé ce scénario, affirmant, au nom de l’indépendance qui est la nôtre, que le rôle d’un syndicat est de défendre les intérêts particuliers des salariés, non de participer à la casse sociale avec les gouvernements et les patrons.

AG AFP (0715)

Le personnel de l’AFP réunit en assemblée générale lors de la grève de juillet.

Très vite, nous avons été rejoints sur cette orientation et le refus de participer par tous les syndicats CGT représentés à l’AFP mais aussi par la CFE-CGC. A elles trois, ces organisations représentent plus de 50% des voix du personnels aux dernières élections professionnelles.

Seuls le SNJ, la CFDT et Sud se sont associés aux discussions initiales avant de claquer la porte assez rapidement, vu le simulacre de négociation qui était proposé. Mais cela ne les a pas empêché d’y retourner en novembre 2014 et cette fois d’aboutir à un texte pouvant, selon la direction, servir de « socle » à un accord.

En fait de « socle », le personnel a découvert un texte indigent et sommaire, se contentant de lister une série de dispositions conventionnelles ou relevant du code du Travail, mais ne conservant quasiment rien des accords antérieurs et diminuant drastiquement les jours de congés et de RTT, voire les supprimant pour certaines catégories.

Il était évident qu’aucun syndicat digne de ce nom ne pouvait accepter une telle provocation.

Mais, pour le PDG de l’AFP, qu’il existe encore des syndicats indépendants à l’AFP défendant les intérêts des salariés est apparemment inacceptable ! Il a donc choisi le coup de force.

Le DRH l’a d’ailleurs clairement reconnu dans une réunion de chefs de service. « On voyait que même en allant au bout de la négociation, SNJ et CFDT n’étaient pas représentatifs. Les échos qui nous remontaient, c’était l’opposition des autres syndicats qui représentent plus de 50%. On a ouvert grandement les portes et la réponse de la CGT et FO c’était toujours non ! C’est pour cela que la décision a été prise de dénoncer les accords actuels et ouvrir une période de négociations, pour mettre tous les partenaires devant leur responsabilité ».

Affrontement inéluctable 

 La dénonciation des accords signifie en effet une période de 18 mois pendant lesquels les syndicats et la direction doivent négocier sur des accords de substitution aux anciens textes, même si ceux-ci continuent à s’appliquer pendant ce laps de temps.

Au passage en force du PDG, les salariés ont répondu en juillet par plusieurs jours de grève. Une grève massive et déterminée, déjouant les tentatives de division, avec des assistances record aux Assemblées générales. Si la grève a été suspendue le 17 juillet, en raison des congés d’été, le refus du personnel de voir ses acquis détruits reste toujours aussi fort. Comme la détermination de notre syndicat à n’accepter aucun recul et exiger le maintien de tous les droits actuels.

Le personnel a d’ailleurs obtenu un premier succès puisque, le 15 septembre, la direction de l’AFP a été condamnée par la justice pour non-respect des procédures de consultation lors de la dénonciation les accords sociaux.

Cette dénonciation n’a donc plus de fondement juridique, ni donc d’existence légale, tant que la direction n’aura pas consulté le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), comme elle aurait dû le faire. Cette consultation devra intervenir d’ici au 31 octobre au plus tard.

Même s’il ne s’agit que d’un répit, ce revers pour la direction est un encouragement pour le personnel à poursuivre sa mobilisation en vue de l’affrontement, inéluctable, pour faire prévaloir ses droits. 

 

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