Non aux entraves à la liberté d’informer en Pologne

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Le Syndicat général des journalistes Force ouvrière est aux côtés des journalistes polonais qui, par centaines ces dernières semaines, rejettent la tentative de mainmise de l’Etat polonais et du parti au gouvernement, le PiS, sur TVN, l’un des principaux medias d’information indépendants du pays.
Mécontent des enquêtes et reportages réalisés par les journalistes de TVN sur les abus du gouvernement et en défense de la démocratie en Pologne, le pouvoir veut aujourd’hui les bâillonner après les avoir systématiquement calomniés.

Pour faire taire TVN, il n’a pas hésité à concocter et faire passer en force au Parlement un projet de loi modifiant la loi sur l’audiovisuel destiné à empêcher le renouvellement et même la prolongation temporaire de sa concession de diffusion.

Cette «loi anti TVN» ou «Lex TVN», comme l’appellent les Polonais, a entraîné, en pleine été, une forte mobilisation des journalistes et des milieux de la presse et de l’audiovisuel.

Une pétition dénonçant «la destruction de la liberté des médias et la mise en cause de l’indépendance de TVN» a recueilli en quelques jours début août quelque 800 signatures publiques de journalistes de tout média à travers tout le pays.

«Au bout de six ans de gouvernement, le pouvoir, au mépris de toutes les règles démocratiques a pris totalement le contrôle des médias publics, a soudoyé ou tout simplement racheté une partie des médias privés et menacé les journalistes de procès», dénoncent notamment les signataires.

Ce combat fait écho au combat mené en France ces derniers mois pour défendre la liberté d’informer et exiger l’abogation des projets du gouvernement d’Emmanuel Macron visant notamment à interdire les reportages contre les répressions policières, d’autoriser l’arrestation des journalistes pendant les manifestations dès que l’ordre de dispersion par la police est donné, ou de généraliser les contrôles policiers par drones. Face aux manifestations de milliers de journalistes unis avec leur syndicats pour le retrait de ces textes liberticides et à la mobilisation de dizaines de milliers de jeunes et démocrates à leurs côtés, le gouvernement a dû reculer.

Pour sa part, le SGJ-FO espère qu’il en sera de même en Pologne car comme l’écrivent nos confrères de ce pays «nous ne pouvons accepter de vivre dans un monde où la vérité n’a pas de voix. Cela violerait le fondement même de l’éthique de notre profession et de notre vocation de journalistes».

Paris, le 21 août 2021