Le SGJ-FO apporte son soutien aux salariés mobilisés au groupe Infopro Digital (Le Moniteur, la Gazette des communes, LSA…), contre la suppression de 19 postes de secrétaires de rédaction. En lieu et place de ces emplois de journalistes qualifiés, garants de la vérification et de la mise en valeur de l’information, la direction veut recourir à 5 chefs d’édition, travaillant avec l’intelligence artificielle, pour un total de 26 titres. Refusant ce projet destructeur d’emplois, les salariés se sont mis en grève les 6 et 7 mai derniers, avec leurs syndicats SNJ, SNJ-CGT, CFDT, FO, Unsa. D’autres débrayages sont annoncés pour les jours à venir.
« Lors de l’assemblée générale, la demande d’une grève immédiate est venue des collègues, qui ont dit : si on ne fait pas grève contre ça, quand la fait-on ? Et une majorité a voté en faveur d’un mouvement immédiat, reconductible le lendemain. Il y avait un ras-le bol général. Dans certaines rédactions, les plateaux sont entièrement vides », racontait jeudi Jérôme Ribault, délégué syndical du SNPEP-FO. Pour alerter l’ensemble du personnel, les grévistes ont rédigé leur propre communiqué : « Les rédactions sont loin d’être opposées à l’usage de l’IA. Mais cet outil ne doit pas supprimer des postes, des compétences, des initiatives personnelles. Les salariés ne sont pas des variables d’ajustement. Ces licenciements entraîneront une surcharge de travail pour ceux qui resteront, alors que nous souffrons déjà tous du sous-effectif. Aujourd’hui ce sont les SR, demain les maquettistes, les iconographes et les rédacteurs. Sans réaction collective, vos services seront les prochains, si ça n’est pas déjà le cas (…) »
Les représentants syndicaux rencontrent la direction en ce début de semaine. A la mi-avril, cette dernière avait annoncé des dispositifs de reclassement ou de reconversion pour les SR, classés « métiers à risques ». « Elle considère aujourd’hui pouvoir se passer de secrétaires de rédaction, mais nous ne sommes pas d’accord. Les titres du groupe ont un lectorat exigeant », souligne Jérôme Ribault, qui rappelle que les effectifs au sein du groupe sont passés de plus de 500 il y a 13 ans à moins de 300 : « Ca craque déjà de partout. La charge de travail est absorbée par ceux qui restent. » Le groupe affichait en 2024 un chiffre d’affaires de 141 millions d’euros, avec une marge de 27%.
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