Connaissez-vous le « reverse publishing »?

Sous ce vocable se cache le nouveau modèle de journalisme qu’entend mettre en application le quotidien gratuit «Métro».

Il consiste à donner la priorité à la diffusion de l’information en continu sur tous les supports numériques (internet et mobiles), la rédaction pour le support papier n’intervenant qu’en bout de chaîne comme un complément.

Dans ce modèle, la priorité au numérique inclut bien évidemment les « chats » avec les internautes.

Nous on veut bien. Mais que devient le métier du journaliste dans tout cela ? Que devient la recherche de l’information sur le terrain ? Quand le journaliste a-t-il la possibilité de recouper les informations, d’exercer un regard critique, d’approfondir, de mettre en perspective… ?

Cela n’aboutit-il pas à river les journalistes à leur écran, à les transformer en simple relais de sources plus ou moins fiables et vérifiées, dont la seule finalité est de déverser un flux ininterrompu de « contenus ». N’est-ce pas là privilégier la quantité à la qualité et à la pertinence de l’information ? On peut malheureusement le craindre.

Ajoutons à cela que le même quotidien « Métro », filiale de TF1, entend désormais privilégier « la dimension positive de l’information» avec un traitement plus visuel. C’est vrai quoi, parler du chômage, des entreprises qui ferment, de la pauvreté, de la violence, est-ce encore le rôle des journalistes ? Quant à permettre aux citoyens d’avoir accès à une information indépendante et pluraliste, foin de ces balivernes !

Des journalistes déqualifiés, privés du droit fondamental à exercer leur métier dans le respect des principes professionnels, voilà le modèle que Métro et tant d’autres veulent imposer. Nous devons leur dire non.

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