Paris-Normandie en danger

Après la Tribune, France-Soir, un nouveau titre pourrait s’ajouter à la trop longue liste des journaux menacés de disparaître. Le 14 mars, la direction de Paris-Normandie et des titres associés (Havre Libre, Havre Presse, Progrès de Fécamp) a annoncé un plan dit de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévoyant la suppression de 111 postes, dont 21 journalistes.

La direction de Paris-Normandie a affirmé, sans rire, que ce PSE s’inscrivait dans un « plan de développement » destiné à revenir à l’équilibre d’exploitation dès 2013.

A qui fera-t-on croire de telles balivernes ? Est-ce en supprimant 21 postes de journalistes, en accroissant encore la mutualisation des pages, qu’on va améliorer la qualité des journaux concernés et retrouver le lectorat perdu?

L’objectif est purement financier. Le groupe Hersant Média, propriétaire du titre, veut aborder dans les meilleures conditions le rapprochement en cours avec le groupe belge Rossel, déjà propriétaire de la Voix du Nord, Nord Eclair, le Courrier Picard notamment, et s’assurer d’une bonne « remontée » des dividendes.

C’est cette logique qui a déjà conduit Hersant à vendre ses journaux polynésiens et à jeter à la rue, sans état d’âme, en novembre 2011 les 1 650 salariés de la Comareg (Paru Vendu) et du pôle d’imprimerie Hebdoprint.

Et demain, à qui le tour ? Aux autres titres du groupe en Champagne (Union de Reims) et dans le Sud-est (La Provence, Nice-Matin, Corse-Matin, Var-Matin) ?

Pour dire leur opposition à ces méthodes de voyou, à cette logique financière mortifère pour la presse, les salariés de Paris Normandie ont fait grève et le journal n’est pas paru le 19 mars. Tout comme Nice-Matin, Var-Matin et Corse-Matin. FO leur apporte son soutien.

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