Une victoire judiciaire pour les fantômes de la presse locale

25/01/2016

La Morasse

Depuis de nombreuses années, nous dénonçons avec force l’utilisation abusive par les entreprises de la presse locale (voire nationale) de correspondants locaux (CLP) de presse, qui font de fait un travail de journaliste sans en avoir le statut ni le salaire.

Pour l’entreprise, c’est tout bénéfice. Comme le CLP est considéré comme un travailleur indépendant, l’entreprise ne s’acquitte pas des cotisations sociales et salariales, elle peut lui verser des salaires au rabais et surtout elle peut s’en séparer du jour au lendemain sans avoir à s’en justifier.

L’un de ces fantômes de la presse locale a toutefois remporté devant les Prud’hommes d’Angoulême, à l’automne 2015, une victoire judiciaire qui sonne comme un désaveu pour les pratiques illicites de nombreux titres.

Employé par la Charente Libre, ce confrère a travaillé tous les week-ends pendant deux ans au quotidien où il était chargé notamment de l’animation du site et de la page Facebook, de la mise en ligne d’informations tirées de dépêches AFP, tout en réalisant des interviews et rédigeant des articles parfois signés. Tout cela pour se voir remplacé du jour au lendemain en novembre 2014 par deux journalistes.

Estimant que ses fonctions « ne sauraient se résumer à celles d’un CLP » et qu’il « a bien occupé un poste de journaliste pour le compte de la ‘’SA La Charente Libre’’ » sur un contrat à durée indéterminée à mi-temps, le tribunal des Prud’hommes a donc condamné le quotidien à lui verser le rappel de salaire afférent. Il l’a également condamné à verser au requérant des dommages-intérêts et indemnités pour  licenciement sans motif réel et sérieux et dissimulation partielle d’emploi salarié.

Un jugement édifiant qui peut surtout servir de jurisprudence pour de nombreux confrères confrontés aux mêmes situations.

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