LE PARISIEN Mouvement lycéen : peut-on s’exonérer des faits ?

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Communiqué intersyndical SGJ-FO, SGLCE-CGT, SNJ, SNJ-CGT, SNPEP-FO au Parisien

Nos syndicats s’interrogent, comme nombre de collègues du Parisien, sur le titre de Une et le contenu de l’éditorial du journal paru ce vendredi 2 octobre.

Nous nous interrogeons car l’un et l’autre nous semblent quelque peu éloignés des faits, que traitent depuis plusieurs jours, avec rigueur et honnêteté, les journalistes de la rédaction.

Ainsi, l’éditorial du directeur des rédactions affirme d’emblée : « Assiste-t-on à un mouvement lycéen aujourd’hui ? Non, des émeutes qui n’ont plus rien à voir avec des revendications sur les classes surchargées. » Et il décrit longuement des « images insupportables de chasses à l’homme », tandis que le titre de Une affirme que les blocus lycéens virent à l’émeute.

Ces images existent, ces violences ont eu lieu, c’est indéniable. Permettons-nous de rappeler que l’on dénonçait déjà les agissements des casseurs en marge de manifestations lycéennes dans les années 1990.

Permettons-nous aussi de rappeler que d’autres images existent, qui semblent avoir disparu aux yeux du directeur des rédactions du Parisien. Celles de lycéens blessés par des tirs de LBD, celles de rassemblements avec pancartes et banderoles.

Or, le lead du fait du jour dénombre, pour la seule journée du 1er octobre, « 1027 établissements scolaires où des actions ont été répertoriées (soit un peu plus de 20% des lycées français), dont 222 blocages ». Et il précise, quelques lignes plus loin, que « dans la grande majorité des cas, les rassemblements devant les lycées se sont déroulés dans un climat apaisé ». Il évoque enfin une « extension du mouvement qui gagne aussi les universités ».

De nombreux reportages effectués par nos collègues, notamment dans les éditions locales, permettent d’entendre la parole des lycéens, de leurs parents, d’enseignants. Pour beaucoup, ils n’ont pas trouvé place dans l’édition Print de ce vendredi. Citons notamment un reportage sur la manifestation de lycéens et d’étudiants à Saint-Denis, le témoignage de la mère d’un lycéen blessé par un tir de LBD dans le Val-d’Oise, un reportage aux portes d’un lycée au Kremlin-Bicêtre…

Nos organisations syndicales sont attachées à la liberté de manifester et de revendiquer, et aux principes du métier de journaliste.

Bien entendu, l’exercice même de l’éditorial – format qui n’a pas, à notre sens, sa place dans les pages du Parisien – n’oblige pas son auteur ou autrice à reprendre l’intégralité des informations contenues dans le reste des colonnes du journal. Il doit par contre les respecter et ne pas s’en éloigner au risque d’oblitérer, volontairement ou non, une partie des faits relatés et vérifiés par les confrères et consoeurs. S’exonérer des faits, même dans un éditorial, c’est porter atteinte au travail et à la réputation des journalistes de la rédaction.


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