Le Parisien : et maintenant, le chômage partiel ?

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SGJ-FO – Communiqué – SGJ-FO

Mardi [17 mars] se tenait le Comité social et économique (CSE) de l’UES Le Parisien. Comme vous vous en doutez, le coronavirus et ses conséquences ont occupé l’essentiel du débat.

Premier constat, établi par la direction : l’actualité a boosté l’audience sur le site et les abonnements numériques. Lundi 16 mars, 9,5 M de visites sur le site. « Depuis dix jours, on bat des records de prises d’abonnements numériques », en lien évidemment avec les articles sur le coronavirus.

Mais arguant des difficultés de la régie publicitaire plombée par le coronavirus, du report ou l’annulation de salons et d’événements, ainsi que des menaces sur la distribution, la direction ne revient pas sur ses annonces de la semaine dernière et ne garantit ni le maintien des rémunérations, ni celui des emplois et des postes au sein de l’UES Le Parisien, comme le réclame et continuera de le réclamer le SGJ-FO.

La rémunération des salariés doit être garantie à 100% par l’employeur

La direction envisage maintenant le recours au chômage partiel, pour les salariés du pôle Partenaires, pour les pigistes, voire d’autres salariés de la rédaction. Elle vient de convoquer un CSE extraordinaire pour mercredi prochain [24 mars].

Cette décision susciterait l’incompréhension d’une partie de nos collègues, très mobilisés pour continuer à permettre au journal – Print et Web – de paraître.

Le SGJ-FO rappelle par ailleurs que certains pigistes, vacataires et correspondants ont déjà vu leurs revenus chuter depuis le début de la crise.

Un rappel : le chômage partiel prévoit une indemnisation, versée par l’employeur, à hauteur de 70% du salaire brut (soit 84% du salaire net). Le gouvernement a déjà annoncé que l’Etat prendrait en charge la quasi-totalité de cette indemnisation. Le SGJ-FO exige que les salariés n’y perdent pas un centime. Si les pigistes n’ont plus de travail, leur rémunération doit être maintenue. Si la direction met en œuvre des mesures de chômage partiel, elle doit garantir le maintien intégral de la rémunération.

Déplacement professionnel : l’employeur doit prendre ses responsabilités

La direction doit être claire : soit elle demande à ses salariés de maintenir leurs déplacements professionnels, soit elle le leur interdit. Alors qu’un justificatif délivré par l’employeur est désormais demandé aux salariés, les journalistes se voient répondre que « la carte de presse suffit ». Que doit-on comprendre ? Que chaque journaliste doit prendre, seul, la décision de sortir ou non en reportage et en assumer les conséquences ? L’employeur est responsable de la santé et la sécurité de ses salariés, et à ce titre, doit énoncer des directives claires. Nous invitons les collègues rencontrant des difficultés à nous contacter.

Garde d’enfants : vous avez droit à l’arrêt de travail

Nous sommes nombreux à expérimenter depuis quelques jours la garde des enfants, suite à la fermeture des établissements scolaires. Nous rappelons donc que les salariés ayant un ou plusieurs enfants de moins de 16 ans peuvent bénéficier d’un arrêt de travail indemnisé, « si une solution de télétravail n’a pu être organisée ». Il va de soi que le télétravail est bien souvent incompatible avec la garde des enfants. Vous avez donc droit à un arrêt, pour une durée de 20 jours maximum. C’est à l’employeur d’en faire la demande. Quelle que soit votre ancienneté, l’employeur est tenu de verser une indemnité complémentaire, qui s’ajoute à l’allocation journalière de la Sécurité sociale. Au total, cela représente 90% de la rémunération brute que vous percevez habituellement. Comme pour les salariés en chômage partiel, le SGJ-FO demande que l’indemnité versée par l’employeur permette de maintenir 100% de son revenu net mensuel au salarié concerné.

Maintien des postes et des effectifs

La situation est exceptionnelle, c’est vrai. Mais n’est-ce pas précisément cette situation qui justifie plus que jamais le maintien des effectifs, le maintien d’un titre de presse populaire, au moment où l’immense majorité de la population est confinée chez elle, disponible et désireuse de s’informer et de comprendre ? « On a de la chance d’être dans un groupe capable d’encaisser des chocs importants. D’autres sociétés seraient en train de fermer », a déclaré Pierre Louette lors du CSE. Ce groupe, capable d’encaisser les chocs, a aussi encaissé 7 Mds € de bénéfices l’an dernier. Ils n’ont guère « ruisselé » jusqu’aux plus précaires d’entre nous. Pourquoi ces derniers devraient-ils payer aujourd’hui la note du coronavirus ?

La semaine dernière, nous alertions déjà la rédaction sur le non-renouvellement annoncé des CDD, le gel des embauches, des négociations salariales… 46 CDD sont en cours au sein de l’UES, dont une partie arrive à échéance fin mars. Nos collègues, malades ou en arrêt de travail pour garder leurs enfants, ne sont pas remplacés.« Il ne s’agit pas de ne pas maintenir les emplois », nous a répondu la direction lors du CSE…Nous notons avec satisfaction qu’après l’arrêt de la série vidéo « Biclou », les deux CDD embauchées pour la réaliser ont été « redéployées » dans un autre service. Cela doit être le cas partout.

Nous maintenons nos revendications : maintien des postes et des embauches, maintien des rémunérations des salariés, remplacement des absents.

Vos représentants SGJ-FO : Gwenael Bourdon (Edition 93), Christophe Levent (Culture), Audrey Legrand (Pigiste), Thibault Chaffotte (Edition 95), Corinne Nèves (Edition 94), Xavier Lucas (Le Parisien Week-end), Frédéric Van de Ponseele (Sports).