Le journaliste afghan Elyass Ehsas doit rester en France !

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Notre confrère afghan Elyass Ehsas, sous le coup d’une procédure d’expulsion par les autorités françaises qui ont rejeté son droit à une demande d’asile dans notre pays pourrait être contraint de quitter le territoire national dans les heures ou les jours à venir.

Jeune reporter de guerre pour une chaîne de télévision de Kaboul, Elyass, aujourd’hui âgé de 27 ans, avait été contraint de quitter son pays face aux menaces de mort des groupes talibans et en raison de son appartenance à la communauté Hazara.

Après un long et difficile périple, il avait finalement gagné la Suède et y avait demandé le droit d’asile. Celui-ci lui avait été refusé en vertu d’accords entre la Suède et l’Afghanistan. Il était alors venu en France à l’été 2020. Sa requête d’asile en France a également été refusée en raison du protocole de Dublin qui limite l’instruction d’une demande d’asile à un seul pays européen. Cette déccision a ensuite été confirmée par le Tribunal administratif de Paris.

Assigné en résidence à Rennes, Elyass Ehsas risque d’être renvoyé d’abord vers la Suède avant d’être reconduit à Kaboul.

Dans une lettre au Préfet de Bretagne, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) a souligné qu’un retour de notre confrère à Kaboul mettrait sa vie en péril et risquait même d’être fatal, dans le contexte de guerre civile en Afghanistan.

La FIJ fait état des nombreuses attaques et menaces dont sont victimes les journalistes: neuf au moins ont été assassinés ces dernières années, dont trois consoeurs de la télévision Enikass le 2 mars dernier.

Appelant le préfet à «prévenir urgemment toute expulsion» au nom de la défense des droits de l’Homme, la FIJ estime qu’un arrrêt de toutes les procédures «permettrait d’ouvrir à M. Ehsas la voie d’une régularisation de sa situation par le dépôt d’un dossier auprès de l’Ofpra afin d’obtenir le droit d’asile dans notre pays».

Le SGJ-FO s’associe pleinement à cette demande.