Les journalistes manifestent dans l’unité contre les plans de licenciement, pour leurs droits, leur statut et la démocratie

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Gwenael Bourdon, secrétaire générale du Syndicat général des journalistes FO, a pris la parole, place du Palais royal à Paris, à l’issue de la manifestation appelée par les organisations syndicales de la presse, tandis qu’une délégation intersyndicale était reçue au ministère de la culture.

Le SGJ-FO salue les confrères et consoeurs présents dans ce rassemblement, nous savons que dans quelques entreprises et quelques villes de province, d’autres initiatives ont lieu aujourd’hui, dans le cadre de cet appel intersyndical.

J’ai entendu parler ici d’un combat de défense de la démocratie, face à des menaces sans précédent contre la liberté d’informer et d’être informé.

Les exemples sont hélas nombreux. Oui la situation est grave.

La dérive réactionnaire est déjà à l’œuvre lorsque les employeurs sabrent les emplois par centaines. Plus d’un millier de suppressions d’emplois annoncées depuis décembre dernier dans les entreprises de presse, d’autres qui s’annoncent dans les jours et les semaines à venir, au sein du groupe Ebra, ou encore dans les locales de BFM.

La dérive réactionnaire…
Des rédactions menacées de disparition pure et simple comme celle de La Tribune, détenue par le milliardaire Saadé. En avril dernier, ses journalistes, en greve contre un plan visant à supprimer tous leurs emplois, pour en réembaucher une petite partie dans un pôle commun avec BFM. La mort annoncée de La Tribune donc.

Nous travaillons, les uns et les autres, dans des rédactions plombées, essorées par les plans à répétition. Il y a celles et ceux qu’on pousse vers la sortie, et puis celles et ceux qui restent. Charge de travail qui s’alourdit, une désorganisation, le turn-over des CDD et pigistes surexploités puis remerciés, un empilement de tâches à effectuer toujours plus vite, des sujets qu’on abandonne. Et chaque plan contient déjà en germe le suivant.

Dans la manifestation.

Au Parisien, où je travaille, deux plans de départs en cinq ans. Au passage, les éditions locales, pilier du journal, ont vu leurs effectifs divisés par deux. Je vous laisse imaginer dans quelles conditions les journalistes tentent aujourd’hui d’informer la population francilienne. Ils réclament les moyens de travailler correctement.

Partout où ces menaces existent, il est nécessaire de s’organiser pour les combattre, tout de suite. C’est dans cet esprit que notre syndicat le SGJ-FO participe à la mobilisation de ce 18 juin.
Car il ne peut y avoir d’indépendance morale des journalistes sans indépendance matérielle.
Et c’est cette indépendance qui est mise en cause quand des pigistes sont privés de revenus, quand précarité et bas salaires sont devenus le quotidien d’une bonne partie de notre profession, que notre statut professionnel est attaqué de toute part.

Il y a quelques jours encore les employeurs suggérait ainsi de réduire leur cotisation à la commission Audiens santé, qui permet précisement aux pigistes d’avoir une couverture santé.

Nous estimons que c’est maintenant dans les entreprises et dans l’unité des organisations syndicales sur des revendications simples, telles que nous les avons formulées dans cet appel, qu’il faut se battre.

Cette unité est primordiale, pour défendre nos métiers, défendre nos emplois, défendre l’existence même de journalistes pouvant vivre de leur métier. Et la démocratie.

A 11h le 18 juin 2026, devant l’AFP.

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