AFP : les salariés en grève contre le plan social

26/03/2019

Communiqué


Les salariés de l’AFP, de toutes catégories, ont entamé ce mardi en début d’après-midi, à l’appel de l’Assemblée générale du personnel, une grève de 12 heures pour exiger le retrait du plan social présenté par le PDG Fabrice Fries qui doit se traduire par la suppression de plus d’une centaine de postes.

Le SGJ-FO apporte son total soutien à ce mouvement de grève voté à la quasi-unanimité par les participants à l’assemblée générale, à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales de l’Agence, dont les sections du SGJ-FO et du SNPEP-FO (employés et cadres).

Par ce mouvement, qui concerne l’ensemble du personnel et des services de l’AFP dans le monde, les salariés entendent exprimer le rejet d’un plan mortifère non seulement pour l’emploi mais aussi pour la mission d’intérêt public conférée à l’AFP par son statut.

Le plan de départs prétendument « volontaires » présenté par le PDG Fries n’est pas qu’un énième plan d’austérité, qui consisterait à « économiser » 14 millions supplémentaires sur la masse salariale, il va bien au-delà en s’attaquant pour la première fois massivement au réseau rédactionnel de l’AFP en France mais aussi à l’étranger.

Ce faisant, il sape ce qui a toujours fait la force de l’agence dans la collecte et la diffusion d’une « information complète et digne de confiance », comme le lui imposent son statut et sa mission, et dans la recherche d’une information de qualité répondant aux attentes des citoyens.

En effectuant une véritable saignée dans les effectifs techniques et en ouvrant largement la porte aux externalisations, il affaiblit durablement l’indépendance technique de l’AFP.

Le SGJ-FO réaffirme sa totale détermination à mettre ce plan social en échec.

Maintien des effectifs : un départ, une embauche !

Respect du statut et des missions de l’AFP !

Respect du statut et des missions de l’AFP !

Paris, le 26 mars 2019

(Retrouvez ci-dessous le dernier communiqué de la section SGJ-FO de l’AFP)

Le Plan Fries n’est en rien un projet d’avenir pour l’AFP : il doit être abandonné

Malgré l’opposition proclamée de toutes les organisations syndicales de l’agence, la direction tente d’imposer à marche forcée une négociation sur son plan de départs volontaires qui se traduirait par la suppression de 119 postes : 47 chez les journalistes (dont 32 de statut siège et 15 de statut local) d’ici 2020 et 72 postes administratifs et techniques.

Force Ouvrière le dit tout net : ce plan n’est pas acceptable, ni pour le personnel ni pour la qualité de l’information ni pour l’avenir même de l’agence. Il doit être donc être rejeté, dans l’unité des organisations syndicales et du personnel.

Ce plan vise, selon la direction, à réduire de 14 millions d’euros la masse salariale en affirmant que, si rien n’est fait, l’agence subirait « une dégradation de 28 millions de son résultat annuel sur 5 ans » et une augmentation de la masse salariale de 27,8 millions entre 2017 et 2023, sans aucun recrutement.

Des chiffres qui apparaissent pour le moins gonflés par rapport aux documents dont nous disposons aujourd’hui et que nous contestons ouvertement.

Quoi qu’il en soit, ce prétendu « plan de transformation » qui n’est en fait qu’un énième plan d’économies, procède d’une vision totalement comptable et non éditoriale, qui ne peut en rien répondre aux principaux défis de l’heure : la diffusion d’une information complète et digne de confiance et un journalisme de qualité répondant aux attentes des citoyens, conformément à notre mission et notre statut.

Le réseau international qui a toujours fait la force de l’agence serait ainsi être fortement touché avec 15 postes de locaux supprimés et la transformation de 15 postes d’expatriés en postes de statut local. Avec cette nouvelle salve de « localisations », c’est le principe de mobilité lui-même qui subirait un nouvel assaut puisqu’il ne resterait plus que 160 expatriés contre 200 en 2007, soit 20% en moins ! Et ce ne serait qu’un début à en croire M. Onillon pour qui le réseau d’expatriés de l’AFP est « un luxe qu’on ne peut pas se permettre ».

Au siège et dans le réseau France, 24 postes de journalistes francophones seraient supprimés dont 8 à la production, 5 au desk France, 4 au desk Inter, 3 au desk Sports. Le reportage photo France serait également ciblé avec 6 suppressions nettes. Deux postes de journalistes anglophones complèteraient la liste des 32.

Ces suppressions de poste pourraient préfigurer des restructurations à venir. Avant son départ, l’ancienne DirInfo avait cité quelques pistes et chantiers comme, le service Société (beaucoup de questions sociétales étant traitées par les Infos Génés ou le Social), un éventuel rapprochement de l’Eco et du Social, vieux cheval de bataille des directions successives, et le réseau Province.

D’ores et déjà, des responsables de bureaux de Province ont été prévenus que des détachés ne seraient pas remplacés à leur départ. Et la direction reconnaît étudier « l’organisation des permanences » et notamment une éventuelle centralisation des veilles le week-end ainsi que le système de vacation dans les bureaux (autre vieux serpent de mer).

Quant aux services techniques et de support, déjà mis à mal par des réorganisations successives pas toujours cohérentes et les suppressions de postes « au fil de l’eau », c’est une véritable saignée qu’ils devraient subir, ouvrant largement la porte aux externalisations et à la remise en cause de notre indépendance technique.

Pour FO, il n’y a pas de secteur où les suppressions de postes seraient plus « acceptables » que d’autres, car c’est l’ensemble du personnel qui va être touché.

Même si la direction affirme que ces suppressions de postes « découlent d’optimisations qui n’impliquent ni réorganisation profonde ni ajustement important de la couverture », cela se traduirait immanquablement par des difficultés accrues à exercer leur mission pour ceux qui restent : assurer les reportages, les vacations, la présence dans les bureaux… Sans compter l’alourdissement des tâches et donc une nouvelle détérioration des conditions de travail, alors même que toutes les embauches sont déjà bloquées depuis des mois. Mme Zein a reconnu qu’il devrait y avoir des « renoncements », car « les équipes sont sous tension » et il n’y a pas « d’endroits faciles » ou de « gras » pour supprimer des postes.

FO n’entend pas non plus voir se multiplier les embauches hors statut siège, comme cela risque d’être le cas avec les 24 créations de postes également prévus par le plan. Selon la direction, elles se feront « sur des profils nécessaires à la réussite de l’ambitieux plan de développement du chiffre d’affaires ». Par-delà le ridicule de la formulation, c’est là encore le flou le plus total et l’absence de réflexion éditoriale qui l’emportent. On se doute qu’il s’agira de postes pour la vidéo mais sur quels postes, où, avec quelle qualification ?

Non contents de nous imposer ce plan d’économies mortifère pour l’agence, certains voudraient en plus condamner le personnel à une double peine en lui faisant renoncer aux augmentations de salaires accordées par la justice en 1ère instance, après la décision de précédent PDG de ne plus appliquer les accords salariaux de la Presse quotidienne nationale après 2012. Ces sommes, expliquent-ils, pourraient servir à atténuer les effets du plan Fries.

Pour FO, les choses sont claires. Il y a eu en décembre 2017 une décision de justice condamnant l’AFP. La direction a fait appel comme c’est son droit. La procédure doit aller à son terme.

Ce n’est pas aux salariés, dont les salaires sont bloqués depuis 2012, qui cette année encore n’auront droit à aucune augmentation générale, seuls quelques « méritants » se partageant des primes en toute opacité, de financer, en renonçant à leurs augmentations, le maintien de quelques postes que la direction voudra bien, éventuellement, ne plus « localiser ». Comme jeu de dupes on ne fait pas mieux.

Ce n’est pas en diminuant les emplois en France comme à l’étranger qu’on permettra à l’AFP de remplir sa mission d’intérêt général dans le respect de son statut.

Ce n’est pas davantage en demandant au personnel d’accepter toujours plus de sacrifices, en bloquant les salaires, en augmentant la charge de travail, en précarisant les emplois.

Toutes les organisations syndicales se sont prononcées contre le plan Fries.

Il serait incompréhensible que, pour des intérêts qui leur sont propres, toutes ne se retrouvent pas ensemble pour le mettre en échec. FO, pour sa part, soutiendra toutes les initiatives allant dans ce sens.

Paris, le 20 février 2019


Souscrire

Souscrire à nos flux RSS et profils sociaux pour recevoir les mises à jour.

Les commentaires sont fermés.