Paris-Turf : rien n’est fini

Le clap de fin est cinglant. Sans le moindre égard vis-à-vis de ceux qui ont fait naître, prospérer et vivre les titres Tiercé Magazine et Bilto. Pas plus pour les lecteurs fidèles, qui permettaient de dégager une marge nette positive. La froideur de la sentence illustre le mépris pour toute une communauté constituée de ceux qui fabriquaient et ceux qui lisaient.

Les projets sont, comme depuis le début, flous. On parle d’une exploitation des marques en numérique. Des paroles. Du vent pour le moment. La blessure, une meurtrissure, elle, est bien réelle. Où est l’humanité dans tout cela ? Des salariés vont être licenciés par l’application méthodique d’un PSE. Des titres vont disparaître des kiosques. Des titres rentables. Où est la logique dans tout cela ?

Ce premier accident de l’ère Niel inquiète pour l’avenir du groupe Paris-Turf. Si les dogmes dirigent et conduisent à couper toutes les branches rentables du vénérable édifice, que restera-t-il ? On ne vit ni d’amour ni d’eau fraîche, certes, mais on ne vit pas non plus d’une idéologie aveugle qui pointe la main d’oeuvre comme une charge et pas une ressource. Oui, les salariés qui participent à la fabrication des titres du groupe sont ceux qui créent la richesse et payent les salaires de tous ; y compris ceux, conséquents, de dirigeants, dont la stratégie n’a amené qu’à détruire de la valeur.

La procédure traîne. Les épées de Damoclès planent au-dessus des têtes. Quand seront licenciés les sacrifiés sur l’autel d’un projet dont la faiblesse industrielle apparaît ? Car, partout, les incohérences de l’offre de reprise par NJJ Presse grippent les rouages. La grève et les travaux entamés par les organisations syndicales avaient permis cela : identifier les carences grossières du plan de reprise et en informer le repreneur, qui n’a pas souhaité en tenir compte. Pas plus qu’il n’a souhaité tenir compte des légitimes revendications sur le plan social.

Les organisations syndicales constatent l’hermétisme et l’entêtement totaux du repreneur à ne pas écouter. Elles en tirent les conséquences et ont levé le préavis de grève pour orienter la lutte sur un nouveau front, celui de l’action judiciaire. Rien n’est fini !

Communiqué des syndicats FO, SNJ, CGT et CFDT

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