Une mission Sénatoriale remet en question la définition et l’exercice même du métier de journaliste en le privant de la possibilité d’avoir un « libre accès à toutes les sources d’information », d’avoir le droit de les protéger, et celui « d’enquêter librement ».
Le SGJ-FO condamne les objectifs de cette mission et rappel son exigence d’abrogation des lois et décrets qui limitent et entravent l’exercice du métier de journalistes, des lois d’exception justifiées par un supposé « impératif prépondérant d’intérêt public » ou un « état d’urgence » dont seul le gouvernement est juge.
Le SGJ-FO ainsi que les autres syndicats de journalistes ont été auditionnés en mai dernier par la mission du Sénat relative à l’avenir du maintien de l’ordre.
Cette mission doit remettre en juillet un rapport qui servira de préalable à une nouvelle loi concernant la présence des journalistes au sein des manifestations et leurs relations avec les forces de l’ordre.
D’ici là les organisations syndicales doivent répondre à un questionnaire où il est notamment question de la création d’une « attestation normalisée d’identification » pour couvrir une manifestation, de celle d’une « carte de presse spéciale évènement d’ordre public » délivrée par les pouvoirs publics, de la levée du secret des sources et de la définition même du métier de journaliste.
Après le Schéma national contre les violences urbaines de 2025 qui prévoyait la suspension du droit des journalistes de couvrir l’événement avec le risque d’être interpellés et de ne pas être protégés en cas de violences, le pouvoir politique continue d’œuvrer pour empêcher la presse d’informer le public.
Depuis plusieurs années les journalistes sont régulièrement soumis à des pressions croissantes par le biais d’ouvertures d’enquête, de placements en garde à vue et de perquisitions ; on se souvient de l’affaire Disclose où la journaliste Anne Lavrilleux a été placée en garde à vue et son matériel saisi et ainsi que celle de notre confrère Philippe Miller en 2024.
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Dans toutes ces affaires le seul objectif des enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) comme ceux de la Police judiciaire est d’identifier les sources des journalistes en violation de la loi Dati de 2010 sur la protection des sources qui fait de plus en plus souvent la preuve de son inutilité.
Dans le cas de Philippe Miller par exemple la justice avait estimé que l’ouverture d’une enquête comme l’exploitation de la saisie du matériel du journaliste pouvait se justifier.
Ce futur texte de loi du Sénat s’ajoute à une liste déjà longue de mesures qui met à la disposition du ministre de l’Intérieur et des préfets des pouvoirs exceptionnels issus directement du régime de l’état d’urgence comme la mise en place d’un périmètre de protection d’un lieu ou d’un évènement qui permettra de fliquer une manifestation et son cortège avec des mesures d’inspection et de filtrage.
PR

Le 17 novembre 2020, des centaines de journalistes se regroupent devant l’Assemblée nationale contre la loi dite de « Sécurité globale » et le Schéma national contre les violences urbaines, à l’appel leurs syndicats. (photo SGJ-FO)
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